Edito
L'entreprise simplifiée : pas de stratégie sans créativité

Négligeons les fonctions non essentielles à la survie. C’est davantage de la raison d’être de l'entreprise qu'il est question ici, de ses fondements, de son cœur de pensées, de ses motivations à agir, de sa vitalité ; de sa stratégie qui, observée à partir d'un tracé épuré, ne saurait se construire sans la toile de fond, je dirais de «fond diffus» de la pensée créative. D’où l’importance de sentir d’où viennent les idées et d'identifier au mieux par quels processus elles émergent. Se laissent-elles surprendre ou nous surprennent-elles?

La pertinence d’une idée se mesure-t-elle à son pouvoir de convaincre, à sa capacité à générer coûte que coûte de la nouveauté ou à plus simplement à l’étonnement qu'elle provoque ? A l'aide de quelle échelle de valeurs les idées s’apprécient-elles?   


Dans son ouvrage « Graines et semailles » Alexandre Grothendieck nous dit « qu’exprimer une idée c’est souvent une chose presque aussi délicate que sa conception… c’est un travail qui consiste à dégager patiemment l’idée, jour après jour, des voiles de brumes qui l’entourent à sa naissance, pour arriver peu à peu à lui donner une forme tangible, en un tableau qui s’enrichit, s’affermit et s’affine au fil des semaines, des mois, des années».

Les innovations pourraient-elles naître et s’imposer sans la contribution des idées ? Va-t-on vers une expansion de l’Univers des innovations, vers une démultiplication à l’infini des pistes créatives ou vers la répétition aléatoire de schémas de pensées enrichies ou non des expériences vécues, dans un espace clos, celui délimité par la performance de nos cerveaux?    

  

L’état d’immédiateté auquel nos échanges sont soumis génère une sorte de dévalorisation des idées. Il y a un glissement sémantique du terme savoir. Savoir se réduit à «savoir retrouver rapidement ce dont on aura besoin». De la même façon, l’on attend d’une idée qu’elle soit rentabilisée sans délai. Or la valeur d’une entreprise se mesure aussi et surtout à sa capacité à savoir, à gérer ses connaissances et à faire savoir qu’elle sait. Et sans l'émergence des idées, la connaissance serait privée de ses sources.

  

Laurence Honnorat

 
Le cerveau, système de transfert de l'information le plus sophistiqué

Il utilise 20 % de notre énergie alors que sa masse ne représente que 2 % de celle de notre corps.

Il n’active pas plus de 2 % de ses neurones simultanément sous peine d’épuiser les réserves en glucose. Chaque cerveau possède un câblage unique.  

  

Eric Kandel, prix Nobel de médecine, a montré que le cerveau se reconfigue au fur et à mesure que l’on apprend ; l’acquisition d’informations provoque une modifiation de la structure physique des neurones qui par-ticipent au processus. Deux cerveaux humains ne stockent pas la même information au même endroit ni de la même façon. En dépit du fait que notre cerveau est capable de faire plusieurs choses à la fois, l’attention qu’il peut apporter est unique. Nous ignorons la localisation de la conscience dans notre cerveau.


Laurence Honnorat

 
 
La physique est schizophrène

La physique évolue. Celle que nous apprenons au lycée correspond grosso modo à celle du XIXème siècle. Sa validité n’est qu’approximative, mais suffiante pour que nous l’appliquions sans cesse dans la vie courante. Elle est cependant totalement dépassée au niveau fondamental. La double révolution du début du XXème siècle, relativité (einsteinienne) et physique quantique, l’a invalidée de deux manières. La première est concrète. Astronomie, astrophysique et cosmologie, navigation et télécommunications spatiales ne peuvent être abordées autrement que dans le cadre relativiste einsteinien, qui constitue ainsi l’outil indispensable d’un très grand nombre de physiciens et ingénieurs. A l’échelle microscopique, c’est en revanche la physique quantique qui doit être invoquée. La seconde est plus fondamentale : c’est l’exigence d’un bouleversement de notre vision du monde. Les acquis de la vision einsteinienne nous interdisent de parler d’espace et de temps. Ceux de la physique quantique exigent une approche totalement nouvelle de la matière et des rayonnements. Les situations concrètes auxquelles sont confrontés les physiciens nécessitent de faire appel à l’un ou l’autre des deux corpus de pensée, mais jamais aux deux simultanément. Relativiste le matin, quantique le soir… mais schizophrène lorsqu’il tente de concilier les deux visions. C’est là que réside le problème fondamental de la physique d’aujourd’hui.


Marc Lachièze-Rey


Texte publié dans Le Cercle Les Echos

 
 

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